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Revendications de certains syndicats de la Police Nationale : Ingratitude, quand tu nous tiens !

S’il y a un corps qui présente aujourd’hui une fière allure dans le landernau étatique, c’est bien la Police Nationale.

Avec l’arrivée du Général de Division Salif TRAORE, à la tête du Département de la Sécurité et de la Protection Civile, c’est le foisonnement de prouesses, d’actions hardiesdécoulant à juste raison, d’une gestion bien à propos des hommes, d’un équipement avenant et surtout d’une prise de conscience à toute échelle.

Patentes et tangibles, les preuves de cette embellie du côté de la Police malienne sont telles que l’esprit grégaire, habitant autrefois certains, a vite laissé la place à un sursaut dont les prémices restent la confiance restaurée entre les forces de sécurité et la population.

Cependant, ce qui est à la fois étonnant et même désolant, c’est le fait de voir de pseudo–syndicalistes voler dans les plumes de leurs autorités, alors même que la raison et le bon sens devraient les dissuader. En évoquant le non-paiement de frais de sécurisation des 1er et 2è tours de l’élection présidentielle de 2018, c’est faire preuve de méconnaissance des procédures en la matière, car cesdits frais sont du ressort des gouverneurs de Régions et non du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, encore moins du Directeur Général de la Police Nationale. A ce jour, aucun frais de cette nature n’est en souffrance.

S’agissant de la fameuse Prime Globale d’Alimentation Spéciale (PGAS) la règle administrative est sans ambiguïté là-dessus. Celle-ci est strictement dédiée aux fonctionnaires de police, et non à l’élève sous-officier en formation. Cette imposture est également constatée lorsque certains syndicats de la police réclament la réintégrationd’éléments radiés pour des fautes administratives et même des personnes ayant été condamnées à des peines afflictives et infamantes. Comme si l’administration est devenue un catafalque où l’on peut, à tout bout de champs, mélanger les pieux et impies. Mon œil !

Quant à la qualité d’OPJ, elle s’acquiert par qualité et non par défaut, car elle demeure une compétence dédiée aux commissaires, qui sont dans les services actifs de la police judiciaire.

De ce point de vue, ceux-ci ont pouvoir de mener des enquêtes et des garde à vue. Par ailleurs, des officiers peuvent être OPJ à condition qu’ils satisfassent à un concours dont les épreuves sont d’une importance certaine dans le déroulé de leur carrière. Qu’un policier, de surcroit syndicaliste revendique la suppression pure et simple d’une épreuve aussi importante que la dissertation juridique ou le rapport de police, cela relève tout simplement d’une cécité intellectuelle. Ce, d’autant que le concours professionnel est ouvert à tout fonctionnaire de police remplissant les critères définis par l’arrêté portant ouverture d’un concours professionnel, justifiant 5 ans de service et étant à 5 ans de la retraite. Unebataille pourtant menée et gagnée d’ailleurs par les mêmes syndicalistes.

Il faudra également retenir que des officiers sont nommés OPJ suivant un arrêté du Ministre de la Justice et non du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile et cela, sur proposition du Procureur Général. De même, l’état actuel des textes de la police ne permet nullement à un sous-officierd’être un OPJ sans une relecture préalable de certaines dispositions juridiques. Et à ce niveau, le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile,dans le souci de lever cette contrainte qui, d’ailleurs a été l’objet d’accord avec les syndicats, a sollicité le département de la justice afin que, dans la relecture du Code de Procédure Pénale l’option souhaitée soit prise en compte.

Un faux débat donc qui cache mal la mauvaise foi et l’ingratitude de certains syndicats de la police qui,pourtant, ont des arguments à revendre pour reconnaitre les nobles efforts du gouvernement du Mali, à travers le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Général de Division SalifTRAORE. En seulement trois ans d’exercice plein, la police nationale a été dotée de 225 véhicules et de 227 motos, les salaires revalorisés, les primes et les indemnités revues à la hausse. Sans évoquer le nouveau statut de la Police, une véritable caverne d’ALI BABA, dont les avantages sont incommensurables, faisantaujourd’hui l’envie d’autres corps qui jouent des coudes pour être dans le giron du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile.

Source: Figaro Du Mali
Article publié ,le 15/03/2019 10h40min17s par GAO INFOS




le MNLA répond à Nicolas Normand

Le MNLA, groupe touareg qui fait partie de la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad signataire de l’accord de paix d’Alger de 2015, n’a pas vraiment apprécié les propos tenus hier sur notre antenne par un ancien ambassadeur de France. Interrogé sur le rôle joué par la France au Mali, où il a été ambassadeur, Nicolas Normand pointait une «erreur» de la France, en parlant du soutien apporté par Paris aux ex-rebelles du MNLA. Le porte-parole du MNLA réagit.

Evoquant les groupes armés, Nicolas Normand soulignait hier sur notre antenne que pour les autorités françaises, « certains étaient perçus comme politiques et d’autres étaient perçus comme terroristes. Et l’armée française est allée rechercher ce groupe – c’était le MNLA à l’époque –, ces séparatistes touaregs, d’une tribu particulière qui était minoritaire au sein même des Touaregs, les Ifoghas.» un entretien à relire ou à réécouter « Ce groupe, on est allé le chercher et on lui a donné la ville de Kidal.

Et ensuite, ultérieurement, il y a eu les accords d’Alger, qui mettent sur une sorte de piédestal ces séparatistes, à égalité en quelque sorte avec l’Etat. Cela, c’est une erreur importante», ajoutait Nicolas Normand. La communauté des Ifoghas est, depuis, restée crispée sur ses privilèges. Une analyse que ne partage pas Mossa ag Attaher, porte-parole du MNLA, et membre de la délégation de la CMA au Comité de suivi de l’accord d’Alger. « L’analyse qui présente le problème du nord en général et de la situation à Kidal comme étant liés à la volonté des Ifoghas à imposer leur diktat à une autre communauté touarègue, je pense que cette analyse est tout simplement tronquée.

» Dynamique de réconciliation en cours Et qui plus est, une analyse qui tombe à un « très mauvais moment » pointe encore Mossa ag Attaher. « Au moment où nous sommes, toutes les communautés de l’Azawad, ou du nord du Mali – selon l’appellation -, dans une dynamique de réconciliation, de dialogue, et on prévoit très bientôt une rencontre qui va réunir toutes ces communautés dans la région de Gao, pour justement mettre derrière nous les conflits fratricides, les guerres intestines. Donc cette analyse est complètement à contre-courant.

C’est la réalité du moment et elle est en inadéquation totale avec les réalités du moment et les analyses les analyses mêmes du moment ».

RFI
Article publié ,le 15/03/2019 10h35min11s par GAO INFOS




Energie du Mali

le Ministre Sambou Wagué pousse le DG Amadou Diarra vers la sortie

Amadou Diarra, Directeur Général de L »EDM S.A. a rendu le tablier, suite à une incompréhension avec son Ministre de tutelle.

Tension à l’EDM avec la démission fracassante du DG Amadou Diarra au lendemain du conseil d’Administration de la société, samedi 2 mars 2019, qui a vu le ministre Wagué élu PCA. Le mois de mars, réputé être le début de la période de grande chaleur au Mali avec ses délestages intempestifs est le moment choisi par ceux qui ont la charge d’amoindrir la souffrance des populations, pour se livrer à » leur règlement de compte ». Monsieur Sambou Wagué, dernier Ministre du budget du Président Amadou Toumani Touré, était dans l’anonymat jusqu’à sa nomination le 07 mars 2018 comme DG de l »EDM en remplacement de Dramane Coulibaly qui a mené un combat sans merci contre les mauvais payeurs de EDM afin de donner un nouveau souffle à la société; la réélection de Ibrahim Boubacar Kéita pour un second mandat présidentiel va voir monsieur Sambou Wagué promu Ministre de l »energie dans le gouvernement du premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, mis en place le 9 septembre 2019. Avec cette nomination, le poste de DG EDM s.a. échoit dans les mains de Amadou Diarra, ancien cadre de la BCEAO, nommé le 8 novembre 2018, quatre mois après, le mardi 05mars 2019 monsieur Diarra aurait rendu sa démission au motif que le ministre se serait accordé le titre de PCA de EDM s.a .qui de l’avis du directeur démissionnaire, serait une violation des textes en vigueur évoquant l’article 58 de la constitution malienne et le décret portant statut particulier des administrateurs des établissements publics à caractère industriel et commercial et des sociétés d’Etat . c’etait lors du récent conseil d’Administration de EDM s.a. tenu en tout début de ce mois ; signalons que le poste de PCA à l’EDM etait vacant depuis près d’un an, suite au décès le 3fevrier 2019, de Ibrahim Bocar Dagamaissa, plus connu sous le nom de Samba Daga qui occupait ce fauteuil.

DJOULI.K

Source: Canard Déchainé
Article publié ,le 15/03/2019 10h32min18s par GAO INFOS




Protestations populaires en Algérie: Quelles conséquences pour le Mali ?

L’on a coutume de dire que, lorsque la case du voisin brûle, qu’il faut l’aider à éteindre le feu. Cependant, dans le domaine des relations internationales, cette expression semble perdre quelque peu de son sens. En effet, comment par exemple, le Mali peut-il aider à calmer ce qui semblait être un printemps arabe à la sauce algérienne ? Car, l’on ne sait pas encore comment réellement qualifier ce qui s’y passe.

Malgré un état de santé extrêmement fragile et son âge avancé, Abdel Aziz Bouteflika entendait bien briguer un cinquième mandat à la faveur de l’élection présidentielle censée se tenir le 18 avril prochain. C’était sans compter sur la grande ferveur populaire portée par la jeunesse du pays qui veut un changement de régime. La mobilisation populaire ne faiblissant pas, vendredi après vendredi, Bouteflika fini par renoncer au pouvoir. Une nouvelle qui fut accueillie par des scènes de joies dans les principales villes d’Algérie. Mais, une joie qui céda très vite la place à la méfiance et à la suspicion quand Bouteflika ajouta qu’il reportait la date de l’élection présidentielle. Une seule question se trouvait alors sur toutes les lèvres : pourquoi ? Quelques jours plus tard, au sein de l’opinion publique, l’on craint une manœuvre machiavélique tendant à prolonger le bail du président en place. Les théories ne cessent de fleurir, et la méfiance aussi.

Une chose est sûre, le clan présidentiel craint la colère populaire. Rappelons tout simplement qu’au début des contestations, Bouteflika avait promis, s’il est réélu, d’organiser de nouvelles élections au bout d’un certain avec en plus une série de grandes réformes. Une proposition qui n’enleva en rien la grande détermination des algériens à en finir avec ce régime, qui est devenu, pour beaucoup de fils du pays, la risée du monde. Egalement, les mises en grande de la très puissante institution militaire n’ont eu aucun effet sur les contestations populaires.

Au Mali, voisin de l’Algérie avec qui il partage près de 1 400, l’on regarde la situation de ce pays avec un grand intérêt. Le pays nord-africain a toujours été impliqué dans les processus de paix sanctionnant les accords entre le gouvernement malien et les rebelles du nord. Aussi, faut-il le rappeler, la partie septentrionale du pays a servi de décharges pour terroristes algériens fuyant la puissance de feu de l’armée après la décennie de sang.
Cela dit, l’embrasement de la situation générale dans ce pays, allant jusqu’à une situation que l’on pourrait comparer aux printemps arabes, arrange-t-il le Mali ?

L’on a assez souvent accusé Alger de double jeu. Sur son territoire, l’Administration de Bouteflika était intraitable avec ceux de ses fils qui avaient pris les armes contre le pays, alors que, dans le cas malien, elle prônait toujours la solution politique négociée. Un aspect de deux poids deux mesures qui rendait rouge de colère beaucoup de Maliens. Toutefois, si printemps il devait y avoir, qu’il se déroule sans accros et de manière la plus pacifique possible. Tout en priant que le prochain régime qui sera en place soit plus pragmatique dans ses relations avec le Mali. Car la position actuelle de l’Administration de Bouteflika envers la situation de la crise malienne, est qu’elle s’en lave les mains, concernant ces terroristes algériens, pourvu qu’ils ne retournent pas au bercail. Que dire alors du cas d’Iyad Ag Ghaly qui, selon le président IBK lui-même, se promènent des deux côtés de la frontière algéro-malienne en toute impunité ? Ce dernier semble jouir de la complicité passive d’Alger.

Ahmed M. Thiam

Source: Infosept
Article publié ,le 15/03/2019 10h26min24s par GAO INFOS




Ecole malienne

La société civile prête à prendre ses responsabilités

Le Collectif des Associations Musulmanes du Mali décide d’organiser une grande marche de protestation contre la crise de l’école malienne le Vendredi 22 Mars 2019 à partir de 16 heures.

L’objet de cette marche est d’interpeller les pouvoirs publics et les syndicats des enseignants de leur responsabilité de la dévalorisation de l’enseignement au Mali ou les élèves et les parents d’élèves sont les seuls perdants, d’une part, et les informer que la société civile prendra bientôt ses responsabilités si cette crise perdure, d’autre part.

Cette marche commence devant la bourse de travail au monument de l’indépendance, et sera sanctionnée par une déclaration de la Société civile responsable.

Mohamed KIMBIRI Président du COLLECTIF.

Source: Le Républicain

Article publié ,le 15/03/2019 10h23min13s par GAO INFOS




Paiement de salaires et avancement en grade des déserteurs de l’Armée malienne : Quand la ‘’désobéissance civile’’ devient un devoir civique pour l’État

Le message des responsables en charge de la mise en œuvre du processus de paix au Mali est clair : 538 déserteurs de l’armée malienne, sur le millier qui avaient rejoint en 2012 les rangs de la rébellion principalement touareg dans le nord du pays, ont répondu positivement à un appel de rejoindre l’armée. Du coup, le président de la Commission nationale Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), Zahabi Ould Sidy Mohamed, se dit optimiste quant à cette initiative. Mais pour l’ex ministre et président du MODEC, M. Konimba Sidibé qui se dit pessimiste, face à cette démarche « la reconstruction de l’Armée Malienne est un petit pas en avant et plusieurs géants pas en arrière avec la réintégration des déserteurs ». Lisez, le point de vue de M. Konimba Sidibé

Y’a-t-il un crime plus grave au sein d’une armée que le fait qu’un militaire déserteur retourne son arme contre son propre frère d’armes ? Pour l’ancien ministre, Konimba Sidibé, « assurément non, car la fraternité d’armes et la loyauté sont au cœur de toute armée ».

Injustices flagrantes

Le gouvernement du Mali vient d’annoncer, tambour battant, la réintégration de plus de 400 militaires déserteurs dont certains ont retourné leurs armes contre l’armée malienne en rejoignant les groupes armées indépendantistes ou jahidistes dans le Nord du Mali.

Circonstance aggravante : certains de ceux-là sont récidivistes voire multirécidivistes. Le retour au sein de l’armée malienne a fait l’objet d’une cérémonie solennelle d’accueil présidée par le Chef d’État-major Général des Armées. Il est même fort probable que certains de ces déserteurs fassent partie du contingent de déserteurs de l’armée malienne qui ont pris part au crime de guerre commis par la coalition de groupes armées de jihadistes et de la rébellion touareg en 2012 à Aghelhoc : le massacre du capitaine Sékou Traoré dit Bad et son unité de 117 soldats après qu’ils se soient rendus après épuisement de leurs munitions. Et M. Konimba de questionner : « Nos dirigeants auraient-ils la mémoire aussi courte ? Nos soldats morts pour la défense de la patrie seraient-ils déjà passés en pertes et profits ?»

Toutefois, l’ancien ministre signale : « À voir la mine serrée qu’ils affichaient, on est tenté de croire que le Chef d’État-major des Armées, premier responsable de la mise en œuvre de cette décision prise par l’autorité politique, et les autres chefs militaires présents à la cérémonie n’adhèrent pas à cette décision ». Il ajoute : « Évidemment que je peux me tromper à ce sujet, mais si jamais tel était le cas, pourquoi le Chef d’État-major Général des Armées n’a-t-il pas présenter sa démission au Chef suprême des armées qu’est le Président de la République pour ne pas assumer cette responsabilité d’intégrer des soldats ayant fait désertion à l’ennemi et retourné leurs armes contre leurs propres frères d’armes ? » Avant de poursuivre : « Si au nom de la sacro-sainte soumission de l’autorité militaire à l’autorité politique en république il ne peut pas contester la décision de l’autorité politique, il a le droit de manifester sa désapprobation de cette décision en démissionnant. Il doit certes loyauté au Chef suprême des armées, mais pour paraphraser le Général de Villiers ancien Chef d’État-major des Armées de France démissionnaire de son poste, ‘’la loyauté n’est pas l’esprit de cour —-, le silence est parfois proche de la lâcheté. La loyauté perd de sa légitimité lorsque commence le légalisme (in Servir, édition Fayard 2017)’’. Mais au fait qu’elle est le sort réservé au déserteur de l’armée malienne qui rejoint l’ennemi ? »

Des primes à la désertion

Pour M. Sidibé ‘’est puni de mort, tout militaire —- coupable de désertion à l’ennemi’’ (Article 117 Code de justice militaire). Mais au lieu de cela, ces déserteurs reçoivent une véritable prime à « la désertion à l’ennemi » à travers cette réintégration dans l’armée malienne. Mieux, ils exigeraient une prime de bonification complémentaire: le paiement de salaires et l’avancement en grade au titre des années de désertion !!! Incroyable non ? Pas tant que ça quant on sait que le régime du Président IBK a payé des arriérés de salaires au titre des années de désertion à des députés qui avaient déserté l’Assemblée nationale pour créer et siéger dans les instances du fantomatique État de l’Azawad. Pour rappel le Président de l’Assemblée Nationale en 2013, l’Honorable Younoussi Touré, et l’ensemble des députés (dont IBK et moi-même à l’époque) ont opposé une fin de non-recevoir à cette odieuse revendication.

Imaginez simplement l’état d’âme du soldat resté loyal à l’armée malienne. Croyez-vous qu’il accordera la moindre confiance en ce déserteur passé un moment dans le camp de l’ennemi et qui peut rejoindre à nouveau ce camps à tout moment ? Non. Croyez-vous qu’il peut encore compter sur la solidarité de ce déserteur ? Non. Croyez-vous qu’il aura encore du respect pour cet officier «déserteur à l’ennemi» réintégré et qu’il exécutera ses instructions « sans hésitation, ni murmures » ? Non. Croyez-vous que son engagement à défendre son pays jusqu’au sacrifice suprême c’est-à dire la mort au combat, sera affecté par un tel acte ? Assurément oui !!!

Profanation de la mémoire des soldats morts pour la patrie

Pour Konimba Sidibé, nos soldats sont morts pour rien au front. Raison pour laquelle, il estime que nous devons opposer une résistance farouche à la réintégration de militaires ayant fait «désertion à l’ennemi » et retourné leurs armes contre leurs propres frères d’armes de l’armée malienne parce que :

1 Le déserteur à l’ennemi a trahi son serment de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême et s’est muté en ennemi et bourreau du peuple. Un crime d’une telle gravité ne doit pas rester impuni. Ne rien faire reviendrait à trahir la mémoire de tous nos soldats morts sur le champ d’honneur pour la défense de la patrie et à piétiner les droits des victimes.

2 En retournant son arme contre son frère d’armes, « le déserteur à l’ennemi » s’est muté en bourreau de celui-ci et a rompu le lien de fraternité d’armes. Or c’est cette fraternité d’armes qui « rend inconcevable l’abandon du camarade à son sort » (Général Pierre de Villiers) à fortiori lui tirer dessus en s’alliant à l’ennemi. La traduction de cette fraternité dans les faits est la solidarité indéfectible entre les militaires c’est-à dire « la certitude de pouvoir compter sur son camarade en cas de difficulté ou de péril à tout moment » (Général Pierre de Villiers). Celui qui fait donc « désertion à l’ennemi » cesse d’être un frère pour devenir un ennemi. En brisant cet « esprit de corps ou d’équipage » la « désertion à l’ennemi » brise une composante majeure la colonne vertébrale de l’armée. Elle brise la confiance et la solidarité entre militaires.

3 Elle entame sérieusement l’admiration et le respect du militaire pour sa hiérarchie et à ce titre sape la discipline au sein de l’armée et son «miroir inversé » l’autorité, car « L’autorité oblige tout autant celui qui l’exerce que celui sur qui elle s’exerce » et « la force de conviction du chef passe par l’estime qu’on ressent pour lui, donc par son exemplarité ». Or la «désertion à l’ennemi » est la négation même de l’exemplarité. L’acte de désertion ne sape pas seulement l’autorité du « déserteur à l’ennemi » réintégré, mais aussi celle de toute la chaîne de commandement militaire car l’impunité et mieux la faveur accordée au « déserteur à l’ennemi » réintégré affecte profondément l’état d’esprit de toute l’armée.

4 Le renouvellement pour la troisième fois de l’intégration de déserteurs à l’ennemi au sein de l’armée malienne (les deux premières fois ont eu lieu en 1996 et 2006) plombe la politique de reconstruction de l’armée malienne dans le « un petit en avant, plusieurs pas en arrière ». C’est une erreur de croire que la formation, l’équipement et l’amélioration des conditions de vie des militaires suffiront à nous doter d’une armée capable d’assurer efficacement sa mission de protection de la patrie. Le premier problème de l’armée malienne d’aujourd’hui reste bien l’engagement du militaire à servir la patrie jusqu’au sacrifice.

Pour Konimba, « former les soldats, les équiper et améliorer leurs conditions de vie est certes fondamental pour la capacité d’une armée à accomplir sa mission avec efficacité et sachons gré au Président IBK pour les progrès faits à ce niveau depuis cinq ans. Mais redonner aux soldats le sens de l’engagement à servir la patrie jusqu’au sacrifice suprême est encore plus importante aujourd’hui et à ce niveau c’est zéro pointé pour le Président IBK, Chef suprême des armées, et la haute hiérarchie militaire ». Il déclare : « Les défaites que nous avons connues dans notre histoire tenaient moins à l’insuffisance de nos forces qu’à l’incapacité, aux erreurs du pouvoir politique, et de l’État-major » selon le Général De Villiers à propos de la France, réfléchissons y pour le cas du Mali. La réintégration de déserteurs à l’ennemi est un désastre pour l’armée malienne à cet égard. Elle relève de ses pratiques généralisées de mauvaise gouvernance de la sécurité au profit d’une minorité d’élites (civils comme militaires) prédatrices de ressources publiques et est perçue comme telle au sein de l’armée ».

Et M. Konimba de rappeler : « Député à l’Assemblée nationale pendant la crise de 2012-2013, j’ai mis en garde le ministre de la défense d’alors et la haute hiérarchie militaire contre cette pratique au cours d’une séance d’audition à huit clos de cette institution quand IBK était encore député. Manifestement je n’ai pas été entendu. À l’époque en tant que l’un des Vice-présidents de l’Assemblée nationale, j’ai eu l’honneur et le privilège d’échanger sur cette question avec certains officiers de l’armée malienne et d’armées étrangères actuellement présentes au Mali, aucun n’a remis en cause la pertinence des arguments avancés ici. J’ai demandé aux officiers étrangers de me citer dans l’histoire de leurs pays un seul cas de réintégration de militaires déserteurs passés à l’ennemi. Pas un seul cas n’a été cité ».

Toutefois, M. Konimba questionne : pourquoi ce silence assourdissant de toute la communauté internationale dans le cas du Mali à un moment où des soldats étrangers meurent pour la défense de notre pays ? Nous avons conscience de la pression de pays étrangers sur les dirigeants maliens pour cette réintégration qui sonne comme un complot contre notre armée. Ce règlement « politique » de la rébellion armée sonne comme le «compromis à l’africaine » avancé par M. Le Driant, ministre français des affaires étrangères, au sujet de l’acceptation par la France des résultats de la mascarade électorale des récentes présidentielles en RDC après les avoir contestés dans un premier temps. Pauvre Mali, pauvre Afrique !!!

Et M. Konimba Sidibé de marteler : « Que le Président IBK, Chef suprême des armées du Mali, le sache : l’écrasante majorité du peuple malien sent une grande colère et une énorme frustration suite à cette mesure de réintégration de militaires déserteurs ayant retourné leurs armes contre leurs propres frères d’armes de l’armée malienne. Je ne suis pas sûr que la situation soit différente au sein de ‘’ la grande muette’’ qui n’a pas le droit de dire sa colère. La mesure creuse encore un peu plus le fossé entre les autorités civils et militaires en charge de la gouvernance de la sécurité d’un côté, et l’armée et le peuple malien de l’autre ».

Fuite en avant des dirigeants maliens

Les dirigeants maliens sont dans la fuite en avant depuis des décennies concernant le règlement de la rébellion touareg sous la pression de la communauté internationale. Elle est incapable de dire à la communauté internationale que telle solution inconcevable chez vous, l’est aussi chez nous, nous ne l’acceptons pas car elle ne marchera jamais. La solution à ce conflit est politique sans aucun doute, mais ne perdons jamais de vue qu’elle est aussi militaire. Nous ne bâtirons jamais une armée digne de ce nom sur la base de telles pratiques.

Pour terminer, M. Konimba cite encore le Général Pierre De Villiers : «La souveraineté est l’attribut essentiel d’une nation, —– ; elle s’exprime, avant tout, à travers l’autonomie de décision et d’action de l’État—–. Un État qui ne prendrait pas toutes les mesures pour garantir et protéger sa souveraineté face aux menaces s’exposerait inévitablement à perdre la maîtrise de son destin et à subir la volonté- possiblement violente- de l’étranger ». Il poursuit : « Et parmi ces mesures figure au premier plan se doter d’une armée en capacité d’assurer efficacement sa mission de défense de la patrie. Les dirigeants de l’État malien ont-il bien conscience de cela en prenant une décision de réintégration destructrice pour notre armée. Tous les déserteurs, passés à l’ennemi ou non, doivent passer devant la justice militaire qui instruira chaque dossier et infligera la sanction adaptée à chaque cas. Ainsi les déserteurs qui n’ont pas rejoint le camp de l’ennemi et qui n’ont donc pas retourné leurs armes contre leurs frères d’armes de l’armée malienne pourront être réintégrés en toute transparence et bénéficieront de la considération et du respect de la part des soldats de l’armée malienne. La seule façon de lever tout équivoque, c’est s’en tenir au respect des Règlements militaires qui constituent la colonne vertébrale de toute armée ».

En bloc, l’ancien ministre Konimba Sidibé trouve que l’intégration des déserteurs dans l’Armée Malienne est une ‘’désobéissance civile’’ devenue désormais un ‘’devoir civique’’ pour nos dirigeants. Et malgré que le DG de la DIRPA, Diarran Koné, ait donné l’assurance sur le paiement des émoluments de ces perturbateurs, à compter de janvier 2019, des sources concordantes révèlent un rappel de salaire de 7 ans pour tous les déserteurs qui regagnent les rangs des FAMAs. Sans condition.

A. Diallo

Source: Le Nouveau Réveil
Article publié ,le 15/03/2019 08h37min55s par GAO INFOS