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Dialogue politique

SBM peut-il rester à la Primature ?

Depuis quelques jours, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, concerte des membres de la classe politique en vue d’une sortie de crise politique dans laquelle se trouve notre pays depuis la fin de l’élection présidentielle de 2018. À l’issue de ces concertations, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, pourrait-il sauver son fauteuil ?

Depuis l’entretien téléphonique du jeudi 14 février entre le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta et le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé, les lignes ne cessent de bouger. Depuis, Ibrahim Boubacar Keïta concerte des membres de la classe politique dont Soumaïla Cissé en premier afin de décrisper la situation politique tendue entre le gouvernement et l’opposition depuis la fin de l’élection présidentielle de juillet-août dernier dans notre pays.

C’est dans ce même cadre que d’anciens présidents de la République ont été sollicités, en l’occurrence le général Moussa Traoré et Pr. Dioncounda Traoré qui ont rencontré, tour à tour, le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé.

De cette décrispation où les responsables politiques semblent mettre le Mali au-dessus de leurs propres personnels, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga en sortira-t-il indemne en sauvant son fauteuil ?

Le gouvernement et l’opposition chercheraient un consensus dans la gestion du pays. Or, Soumeylou Boubèye Maïga ne semble pas répondre, actuellement, aux critères d’homme consensuel pour diriger l’exécutif. Il est en froid, depuis la fin de l’élection présidentielle de 2018, avec une partie de l’opposition politique, et tout récemment avec des leaders religieux qui réclament son départ.

Au sein de la majorité présidentielle, nombreux sont ceux qui, en se rasant chaque matin, caressent l’espoir de voir Soumeylou Boubèye Maïga quitter la primature. Ces derniers restent toujours en embuscade et sont prêts à lui donner le coup de grâce au moment opportun afin de récupérer son fauteuil.

En plus, la stratégie de Soumeylou Boubèye Maïga au sujet de la gestion des crises sociales, qui consiste à laisser la situation se détériorer avant d’engager les négociations avec les partenaires sociaux, est décriée. Cette stratégie est considérée par certains partenaires sociaux comme un mépris.

Cependant, il serait prématuré d’annoncer le départ de Soumeylou Boubèye Maïga de la primature avant la fin des concertations entreprises par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avec la classe politique. Soumeylou Boubèye Maïga est un véritable «animal politique» qui dispose de plus d’un tour dans son sac. En politique, la donne peut changer souvent du jour au lendemain à cause des moyens de pression secrets dont disposent les uns et les autres.

L’homme qui se fait surnommer le hérisson sur les réseaux sociaux, réussira-t-il à sauver son fauteuil de Premier ministre dans une situation qui ne lui est pas présentement favorable ?

Abdrahamane Diamouténé

Le Débat
Article publié ,le 18/03/2019 15h44min33s par GAO INFOS




Lettre ouverte à Monsieur le président de la Cour suprême du Mali: NouhoumTapily


Cher estimé papa, éminent juriste et très considéré magistrat de la République du Mali, trouvez en ces lettres ci-dessous le cri de cœur d’un fils, d’un citoyen épris de vérité d’équité et de justice dans notre pays.

Vous êtes avant tout un père à moi car ayant fait la fac de droit avec une de vos filles, vous êtes une vitrine pour moi car vous êtes le président de la cour suprême du Mali, cour qui en plus de ses compétences judiciaire et juridictionnelles, représente la matérialité du pouvoir judiciaire au Mali.

Cela je l’enseigne à mes élèves depuis que j’ai eu la chance de devenir fonctionnaire, professeur de droit dans notre pays.

Monsieur le président de la cour suprême, vous êtes donc la vitrine du droit et de la légalité au Mali et rien que votre nom, votre poste inspirent en droit dans notre pays en matière de justice.

Mon père, monsieur le président de la cour suprême, ai-je besoin de vous rappeler que l’enjeu est de taille, que l’ère est grave et que les maliens vous contemplent ? Je suis sûr que non, non car vous le savez bien que moi que votre nom vient d’être cité, vous venez d’être primé à tort ou à raison d’un trophée lugubre, déshonorant, humiliant et horrible : le trophée du fonctionnaire le plus corrompu au Mali.

Cher père, cher président de la cour suprême, cette accusation frontale n’est pas l’œuvre de n’importe qui? Elle vient du président du patronat du Mali, homme d’affaire qui a son chiffre d’affaire en multiples millions, qui vit à l’abri du besoin, et qui à priori est homme sincère honnête et patriote. Il est la vitrine du secteur privé du domaine des affaires créateur de plus d’emplois au Mali.

Aujourd’hui plus que jamais le malien a soif de justice, le malien a soif d’équité, le malien a soif de bonne gouvernance, le malien a soif de preuve de bonne moralité.

Cette accusation à votre encontre est grave, très grave, elle est humiliante, elle est déshonorante pour vous en tant que père de famille, en tant que président d’institution en tant que magistrat de grade exceptionnel.

Pour toutes ces raisons, le peuple malien a les yeux rivés sur vous, les oreilles larges ouvertes, l’attention toute concentrée sur vous, sur votre réaction.

Monsieur le président de la cour suprême, le père de mon promo, honorable dogon reconnu au Mali comme l’une des ethnies honnêtes, tout le Mali sincère vous regarde.

En tant que enseignant, je voudrai me servir de vous de l’exemple que vous allez donner en intentant une action en justice pour vous blanchir, pour prouver à mes apprenants ; qu’on peut faire confiance à la justice malienne.

J’y tiens car c’est une question avec exemples concrets que me pose chaque année mes apprenants.

Je voudrai pas leurs répondre l’année prochaine par ce que j’ai l’habitude de leurs dire:” il y a les textes au Mali, il y a ce que la loi fixe et impose mais il y a aussi ce que les maliens , hommes et femmes font. Sachez faire la différence entre la théorie et la pratique, moi en tant que professeur, je ne vous enseigne que ce que la loi stipule…”. Je voudrai leurs citer votre exemple à la suite d’une action en justice.

Monsieur le président de cour suprême, Ahamdou koufa est un terroriste, il tue, assassine détruit pour ses convictions, Iyad aghaly de même, les maliens les détestent leurs en veulent et souhaitent leurs disparitions car ils sont nuisibles.

Mais au-delà je vous rappelle qu’une justice corrompue fait pire que Koufa et Aghaly, elle est un frein au développement d’une nation. Elle empêche l’épanouissement légal des affaires, freine les entrées d’impôts nuit à la construction d’infrastructures éducatives, sanitaires freine l’auto détermination alimentaire, nuit à la création d’emplois et pousse la jeunesse à la recherche du gain facile qu’elle trouve souvent en compagnie des Koufa et Iyad agahly . Une justice corrompue détruit une nation toute entière car elle est un frein au développement.

Mon Très respecté président de la cour suprême, réagissez pour sauver l’honneur de la justice malienne, réagissez pour redonner confiance aux Maliens en sa justice, réagissez pour laver votre honneur, l’honneur de vos descendants, celui de ma promo qu’est votre fille.

Je vais terminer par ces affirmations assez banales mais qui ont tout leurs sens : ” Qui ne dit mot consent.”

” le silence devant l’injustice est pire que l’injustice commise “.

Boubacar KOUMARE

Maliweb
Article publié ,le 18/03/2019 15h31min46s par GAO INFOS




Pharmacie populaire du Mali

Les impayés se chiffrent à plus de 6 milliards de francs

La 86ème session du conseil d’administration de la Pharmacie populaire du Mali s’est tenue le mardi 12 mars 2019. Une occasion pour le Président-directeur général sortant, Moussa Sanogo, de mentionner une importante dette de la structure, à hauteur de 6,5 milliards FCFA au ministère de la Santé et certains hôpitaux partenaires.

Juste après des mots de remerciement aux administrateurs, le PDG de la PPM, Dr Moussa Sanogo, a martelé qu’au plan des activités opérationnelles, l’année 2018 a été marquée par une plus grande maîtrise des besoins du secteur public en médicaments essentiels, avec un taux de disponibilité des médicaments du panier de l’ordre de 92,13%, avec 238 jours de couverture des besoins sur l’étendue du territoire national.

Au titre des distributions, il a évoqué 34.640 kits de césarienne, et en termes de livraison, les hôpitaux et les centres de santé de référence ont été largement servis en intrants de lutte contre le paludisme. Selon lui le PDG, les 85 sites de prise en charge des personnes vivantes avec le VIH ont été régulièrement approvisionnés. La PPM a également effectué une livraison de 1.151.206.090 FCFA de médicaments contre des épidémies et des catastrophes en 2018, et l’achat de vaccins contre le cholera, la grippe, la méningite, le vaccin antirabique pour un coût de 808.351.212 FCFA contre 208.325.250 FCFA en 2017. S’y ajoutent 340.537.130 FCFA de kits de dialyse pour les malades de l’hôpital Mali Gavardo et l’hôpital de Sikasso.

A en croire Moussa Sanogo, au cours des trois dernières années (2016-2017-2018), la PPM a réalisé 30.288.098.000 FCFA. A cet effet, au titre de l’année 2019, le budget prévisionnel est de 11.293.895.000 FCFA en produits et 10.836.770.000 FCFA en charges, avec un résultat prévisionnel attendu de 457.125.000 FCFA. Il a aussi souligné que le total des achats réalisés en 2018 est de 9.686.823.000 FCFA, soit un taux de réalisation de 110,86%, dont 169,04% uniquement pour les consommables médicaux. S’agissant des investissements programmés en 2019, le PDG dira qu’ils sont de l’ordre de 1.067.557.000 FCFA, un niveau appréciable qui traduit les efforts déjà engagés pour faire face aux grands chantiers initiés dans le cadre de la modernisation de la société et de la satisfaction des besoins en médicaments essentiels et dispositifs médicaux du pays.

Dr Moussa Sanogo a par ailleurs rappelé les travaux d’aménagement des magasins du district de Bamako, de certains magasins régionaux dont Sikasso et Koutiala, l’équipement du département génique, l’entretien et la maintenance des véhicules de livraison et matériel de manutention, la finition des travaux de construction des entrepôts modernes des régions de Kayes, Koulikoro et Mopti, celui de Bamako étant réalisé à plus de 90%. A l’en croire, en plus de leurs clients traditionnels, le portefeuille client s’est élargi au ministère de la Défense et des Anciens combattants, au ministère des Sports, au ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, au ministère de l’Action humanitaire, l’hôpital Golden Life American Hospital et certaines institutions internationales comme le CICR et l’Union européenne, etc.

En ce qui concerne les difficultés, il indiqua que la PPM éprouve d’énormes difficultés de paiement des livraisons effectuées au niveau du secteur public, qui se chiffrent à plus de 6,5 milliards FCFA d’impayés dont 5 milliards de FCFA uniquement pour le ministère de la Santé et de l’Hygiène public. A cela s’ajoutent les dettes des hôpitaux, se chiffrant à 426.585.499 FCFA.

Adama TRAORE

La Preuve
Article publié ,le 18/03/2019 15h21min52s par GAO INFOS




Défaite de l’armée malienne à Kidal

Enfin la vérité triomphe !

Malgré une supériorité en hommes et armes, l’armée malienne a été défaite à la surprise générale à Kidal par un groupuscule de combattants. Derrière cette débâcle nationale, se cachait la main invisible de la France selon Nicolas Normand, ancien ambassadeur français au Mali.

La France est-elle sincère avec le Mali dans le cadre de l’opération Barkhane ? Pour bon nombre de Maliens, la réponse est négative. En 2014, l’armée malienne, conduite par les généraux chevronnés El Hadj Gamou et Didier Dakouo, a mené une offensive pour libérer la ville de Kidal aux mains des groupes armés.

Les combats ont éclaté le 17 mai à Kidal entre forces maliennes et groupes armés à Kidal, à l’occasion d’une visite du Premier ministre Moussa Mara. Malgré sa supériorité en hommes et en armes, les combats se sont soldés par la déroute de l’armée malienne. Le bilan est lourd de plusieurs dizaines de morts.

Face à cette humiliation, les plus hautes autorités étaient contraintes, à l’époque, de signer un cessez-le-feu immédiat avec les «seigneurs» de Kidal qui avaient demandé le cessez-le-feu lors des premières heures des combats à Kidal.

Cette défaite a provoqué une crise politique à Bamako

Cette défaite inattendue et incompréhensible de l’armée à Kidal a créé une véritable grogne dans les différentes villes du pays. Elle a suscité des réactions d’hostilité envers les soldats français et onusiens déployés dans le nord, accusés de passivité vis-à-vis du MNLA (Mouvement de libération de l’Azawad) et des indépendantistes touaregs.

Dans la capitale, l’amertume et la déception le disputaient à la colère, une partie de la presse malienne n’hésitant pas à évoquer un «complot international». Au plus haut niveau des têtes sont tombées dont celle du ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, l’actuel PM.

La main invisible de la France

Même si les autorités maliennes n’ont toujours pas dévoilé le rapport de l’enquête sur cette déroute, l’ancien ambassadeur de France au Mali, Nicolas Normand, vient de cracher les raisons de la défaite de l’armée malienne à Kidal. Invité d’Afrique de RFI, Nicolas Normand, qui publie aux éditions Eyrolles «Le grand livre de l’Afrique», n’a pas hésité à déclarer que la France a donné Kidal aux séparatistes MNLA.

«Effectivement, je suis assez critique sur cette opération-là. Sur le principe, l’opération Serval de janvier 2013 était une excellente opération. C’est-à-dire qu’il fallait empêcher les différents groupes jihadistes réunis de déferler vers le sud et éventuellement vers Bamako. Le problème, c’est que la France a cru ensuite distinguer des bons et des mauvais groupes armés. Certains étaient perçus comme politiques et d’autres étaient perçus comme terroristes.

Et l’armée française est allée rechercher ce groupe –c’était le MNLA à l’époque, ces séparatistes touaregs, d’une tribu particulière qui était minoritaire au sein même des Touaregs, les Ifoghas. Ce groupe, on est allé le chercher et on lui a donné la ville de Kidal. Et ensuite, ultérieurement, il y a eu les accords d’Alger qui mettent sur une sorte de piédestal ces séparatistes, à égalité en quelque sorte avec l’Etat. Cela, c’est une erreur importante», a-t-il déclaré.

En se référant aux propos de l’ancien représentant de France au Mali, on peut dire sans risque de nous tromper que la force Barkhane n’est pas restée en marge du combat de 17 mai à Kidal. L’armée malienne a donc été victime d’un complot.

Les bandits de Kidal ont été bel et bien protégés par la France lors du combat. Certes, la réconciliation bat son plein, mais, certaines zones d’ombre méritent d’être éclairées pour l’image de notre armée et surtout pour rendre hommage aux braves hommes qui sont tombés au combat.

Rédaction

Le Débat
Article publié ,le 18/03/2019 15h14min28s par GAO INFOS




UN DÉSERTEUR DE L’ARMÉE, PROCHE DE AG GHALI, DERRIÈRE L’ATTAQUE DE DIOURA



Le bilan de l’attaque d’un camp de l’armée malienne dans le centre du pays est lourd. 21 militaires maliens tués, des blessés et des disparus. Dans un communiqué, les Forces armées maliennes accusent un déserteur de l’armée d’avoir dirigé cette opération qualifiée de « terroriste ». Il s’agit de l’ex-colonel Ba Ag Moussa, alias Bamoussa Diarra, qui a rejoint dès 2012 les rangs des groupes armés, proche du jihadiste Iyad Ag Ghali, chef du GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

Des dizaines d’hommes armés, venus à moto et en voiture, ont pris d’assaut le campement militaire de Dioura dimanche à l’aube, tuant plus de 20 soldats maliens selon des élus locaux. Il aura fallu plusieurs heures de combat, des renforts aériens et terrestres, pour que l’armée malienne reprenne le contrôle de la base de Dioura.

C’est donc une attaque d’envergure qui a été menée dimanche, coordonnée par un des bras droits de Iyad Ag Ghali, l’ancien colonel Bamoussa Diarra. D’après le chef d’un groupe local engagé contre le terrorisme, il divise son temps entre Kidal et le cercle de Nara où il formerait des combattants.

Déserteur de l’armée

Sur le terrain, l’ex-colonel Bamoussa Diarra, la quarantaine, est ce qu’on appelle dans l’armée « un grenadier-voltigeur », un militaire rompu aux techniques de combat, toujours en première ligne. Déserteur de l’armée régulière en 2006 avant de revenir dans les rangs, il quitte une nouvelle fois les forces en 2012, pour rallier la coalition des groupes armés opposés aux troupes régulières maliennes.

Il est à la tête des attaques de plusieurs localités du nord : Aguelhok, Ménaka, Tessalit et Kidal notamment. Des localités qu’il connaît bien pour y avoir servi sous le drapeau national. Il se rapproche de Iyad Ag Ghali, chef islamiste du groupe Ansardine, qui prend ensuite la tête du GSIM, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Les deux hommes, originaires de la région de Kidal, ont été un moment militairement formés en Libye.

Du Nord au Centre

Mais ce n’est pas seulement dans le nord que l’ex-colonel Bamoussa Diarra opère : il est soupçonné d’avoir dans le passé mené des opérations contre l’armée dans les localités de Niono, Diabaly, et même Nara, non loin de la frontière mauritanienne. En prenant la tête des opérations ce dimanche à Dioura, localité du centre, loin de son fief traditionnel, il a voulu peut-être confirmer que tout ce qui se passe au centre du Mali se décide dans le grand nord.

Les attaquants de Dioura auraient d’ailleurs bénéficié du soutien d’hommes venus de Kidal. « Ce serait donc une action conjointe, avec un renforcement de capacités venu de l’extérieur » commente Baba Dakono, chercheur à l’Institut d’études de sécurité.

C’est en tout cas l’attaque complexe la plus importante que le Centre ait connue. Elle intervient alors que les opérations anti-terroristes s’intensifient au Mali. La force française Barkhane a multiplié ces derniers mois les raids aériens dans la région. Et la semaine dernière, le gouvernement malien a pris un décret pour la mise en place de bataillons d’unités spéciales anti-terroristes.

RFI

Article publié ,le 18/03/2019 12h23min22s par GAO INFOS




L’école malienne en question

Que faire pour sortir de la crise endémique ?

«Rejeter la dépendance économique et l’aliénation culturelle, c’est n’importer que le strict nécessaire. Un meilleur équilibre général suppose la réduction du train de vie des mieux pourvus.» (Edgar Pisani).

Nul doute que depuis maintenant plusieurs décennies, la quasi-totalité des systèmes éducatifs ouest-africains végètent sous la coupe réglée du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Le constat amer c’est que tous ces systèmes éducatifs sont minés et secoués par des crises endémiques répétitives sans qu’il y ait jusqu’ici le moindre espoir d’en sortir.

En particulier, depuis le règne de Moussa Traoré où le Mali est passé sous la tutelle des institutions financières dites internationales, le système éducatif malien se trouve empêtré dans les grèves endémiques aussi bien des enseignants que des élèves et étudiants. Le phénomène est devenu effarant sous les ‘’démocrates maliens’’.

L’on rappelle avec amertume l’année blanche décrétée par le Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré en la personne d’Ibrahim Boubacar Keïta (aujourd’hui président de la République du Mali). Ce qu’il convient de retenir de ce Premier ministre, c’est qu’il avait cru aux ‘’vertus’’ de la violence pour juguler la crise scolaire qui secouait l’école malienne. Les grenades lacrymogènes ont fait leur temps, sans que l’école voit le bout du tunnel.

A son actif, il faut rappeler qu’il avait dit que leurs enfants étudient à l’étranger et que eux ils commandent aux pères de nos enfants et un jour leurs enfants reviendront diriger ceux qui sont restés au Mali. C’était en 1994. Il faut dire que cette déclaration était amère mais vraie. Sauf qu’il a oublié de dire à nos enfants (restés à l’école malienne) que c’est l’argent du contribuable malien qui leur permettait d’envoyer leurs enfants (les fils à papa) étudier dans les chères et somptueuses écoles européennes. L’école malienne a été tout simplement sabotée sous Alpha Oumar Konaré.

Avec ATT, les mêmes scénarios ont continué aux dépens de notre système éducatif national. Les élèves et étudiants ont connu les sorties intempestives les plus nombreuses. Pour comprendre jusqu’où le ministre de l’Education d’ATT en la personne de M. Amadou Touré s’est moqué de nos élèves, étudiants et enseignants, il a osé dire que le Mali n’a jamais aussi bien réussi le baccalauréat qu’en 2008 (en faisant surveiller les épreuves écrites et corriger les copies d’examens par n’importe qui, devrait-il ajouter).

Avec IBK, les grèves syndicales font légion dans notre pays et cela depuis son premier mandat. En tout cas, l’année scolaire 2018-2019, à l’image de 2017-2018, n’augurent pratiquement rien de particulier. Ce qu’il faut dire à ce jour, c’est que les lignes ne semblent pas bouger au sujet des grèves syndicales. De plus en plus, il faut se demander si l’on ne s’achemine pas vers une année blanche. Que Dieu nous en garde ! Au regard de ce risque d’année blanche, une question court sur toutes les lèves comme depuis belle lurette à savoir ‘’comment sauver l’année scolaire ?’’.

Pour nous, le problème ne doit pas être de sauver l’année scolaire mais bien plutôt l’école malienne en proie aux turpitudes politiciennes et aux averses du FMI et de la Banque mondiale afin qu’enfin l’école revienne à l’école et que la politique la laisse tranquille. Que faut-il donc pour sortir notre système éducatif de sa crise chronique ?

Comme le dirait un philosophe, homme de droit et économiste allemand «Nous ne disons pas au monde: voici la vérité, agénouez-vous !». Nos propositions ne sont pas des poulets rôtis qui ne demandent qu’à être dévorés. Il faut enfin et maintenant une réelle volonté politique pour servir autrement notre système éducatif. Cette volonté politique suppose pour nous:

Les états généraux de l’école malienne. Certes, il y en a eu mais tous ont un dénominateur commun: ils se sont tenus pour ne pas servir utilement l’école malienne.

Il faut, à la lumière de ces états généraux qui n’en seront pas de plus, des concertations nationales pour qu’enfin le peuple malien passe au peigne fin les problèmes concrets de l’école malienne en vue d’adopter des solutions exclusivement nationales. Ces concertations feront totalement abstraction de la moindre image du FMI, de la BM et de la France coloniale qui ne peuvent œuvrer pour la bonne santé de notre système éducatif national parce que spoliatrices de notre société et de sa diversité culturelle.

Ainsi, il sera impérieux de soustraire l’école malienne des Programmes d’ajustement structurel (PAS), sans quoi il ne peut y avoir d’issue favorable pour notre système éducatif.

Edgar Pisani nous a dit ceci: «Rejeter la dépendance économique et l’aliénation culturelle, c’est n’importer que le strict nécessaire. Un meilleur équilibre général suppose la réduction du train de vie des mieux pourvus.»

Il faut donner absolument réduire substantiellement le train de vie d’une bourgeoisie nationale arrogante qui vit de la sueur et du sang du peuple malien. C’est bien là un impératif catégorique quand on sait que les mieux pourvus au Mali sont ceux qui ne travaillent pas et que les plus démunis sont les seuls travailleurs de jour comme de nuit.

Pour mieux équilibrer le jeu financier au Mali, il faut l’audit de la nation. L’avantage de cette mesure est de contribuer efficacement à la lutte véritable contre la corruption et la délinquance financière qui rongent dangereusement les fondements de la République et donc de notre système éducatif national.

Où trouver les fonds pour venir à bout de la crise endémique de l’école malienne ? Il importe que l’Etat malien arrête sans délai le gâchis financier et donc le financement d’associations et de structures non étatiques comme le Haut Conseil islamique (HCI), la Coordination des Associations et ONG Féminines (CAFO), le Conseil national de la société civile (CNSC), l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), les imans, les trois familles fondatrices de Bamako, des partis politiques, de la presse. Aussi, il convient d’arrêter sans délai les financements occultes dont bénéficient ce que les politiciens aiment appeler ‘’les femmes leaders, les jeunes leaders, les hommes leaders, les artistes’’.

Le constat est amer: depuis l’avènement de la troisième République, l’argent du contribuable malien s’évapore pour des causes ineffables, non avouables. Indiscutablement, lorsqu’on met des structures en place, il se doit d’en avoir les moyens sans que ceux-ci soient puisés dans les caisses de l’Etat malien. Lorsqu’on créé des partis politiques ou des associations, on doit en assumer le fonctionnement. Mais au Mali, les partis politiques pullulent à cause des financements de l’Etat malien. Il appartient à ces partis politiques de s’occuper de leurs femmes leaders et jeunes leaders.

Si les politiciens s’empressent de soudoyer l’AEEM, c’est bien pour la manipuler à dessein et non s’occuper de la bonne santé de notre système éducatif. Cela, tout le monde l’a clairement compris aujourd’hui. Si nos ministres et leur président de la République tiennent à honorer de leur présence les manifestations des leaders religieux, c’est pour avoir des électeurs; tout cela à un coût pour les caisses de l’Etat.

En clair, au lieu de s’occuper de leurs devoirs, les gouvernants maliens procèdent à l’achat des consciences, d’une manière ou d’une autre. Cet acte prouve à suffisance que ces politiciens maliens sont dénués de crédibilité véritable et donc du sens élevé du devoir patriotique national. L’école malienne ne sera sauvée que par le peuple malien lui-même.

Fodé KEITA

Inter De Bamako
Article publié ,le 18/03/2019 12h17min07s par GAO INFOS