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Présence des djihadistes dans plusieurs localités du Centre



Après l’attaque de Dioura, les djihadistes ont été aperçus dans plusieurs localités, notamment à Ténenkou, Diabaly, Dioura, Sokolo, Gomacoura, Nampala, Léré, Nara, Banamba et Niono.

Dans la soirée du 18 mars, plusieurs motos ont été aperçues vers le nord de Djandjan, situé à 7km au Nord de sokolo.

A Massarazanga, au sud-ouest de Diabaly et Sokolo et à l’Ouest de Kourouma et Alatona, à environ 15 km, plusieurs pick-up ont été aperçus, le 18 mars 2019, vers l’après-midi.

Tous les islamistes du secteur de Tombouctou, de l’Adrar, de Ménaka et quelques éléments de la CMA se regroupent dans le Sahel et au centre du Mali.

Tout porte à croire qu’ils préparent encore une offensive d’envergure contre une base militaire dans le Sud ou au Centre du pays.

Source: l’Indépendant
Article publié ,le 22/03/2019 16h15min02s par GAO INFOS




Carnage de Dioura



Des têtes vont-elles tomber ?
Alors que des rumeurs d’une marche des veuves et orphelins de Kati inondent la capitale, en lien avec le carnage de ce 17 mars 2019, dans le camp militaire de Dioura, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, est sorti, hier, de son silence. Après avoir condamné ce drame, IBK a sévèrement mis en garde : « Nous sommes en guerre, aucune négligence ne saurait plus tolérée».
Dans un pays en guerre et de surcroît en position défensive, depuis 2013, comment une surprise de la nature de celle de Dioura est-elle arrivée aux FAMA ? C’est en tout cas, la question qui taraude toujours les esprits, bientôt une semaine après le drame.
Le chef suprême des armées qui ruminait jusque-là sa colère a profité, ce jeudi 21 mars 2019, d’une tribune de sortie de promotion du Service national des jeunes (SNJ) pour cracher ses quatre vérités. C’était en présence de la hiérarchie militaire.
« J’ai au cœur, Dioura. Dioura la martyrisée, Dioura la torturée, Dioura l’agressée, Dioura la violentée, Dioura la surprise », avant de taper du poing sur la table ‘’ Que ça ne soit plus le cas. Que nous ne soyons plus surpris nulle part. Messieurs les chefs militaires, je vous y engage instamment en le nom de la Patrie, nous sommes en guerre, aucune négligence, aucune négligence ne saurait plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérai pas pour la vie de nos enfants et de la Patrie’’.
Pour le Président IBK, c’est le Mali qui doit apporter la peur ailleurs, et non le contraire : « c’est nous qui devons apporter la peur ailleurs pas qu’on l’apporte à nous ».
Selon le chef suprême des armées du Mali, ‘’notre pays n’est pas en paix. Nous faisons face à une guerre asymétrique, une guerre traitresse sans règle établie. Il faut que chacun le sache et que nous soyons dans la posture d’une vigilance absolue, accrue. Que nul ne vient plus nous surprendre en train de faire du thé ou en passivité à un checkpoint’’.
Face à la clarté de ce message, des têtes vont-elles tomber dans les jours à venir ? En tout cas, de sources bien introduites, des rencontres se multiplient dans les coulisses pour situer les responsabilités de ce drame, où les terroristes après leur forfait ont pu se retirer sans subir un grand dommage. Le peuple durement écœuré n’attend que cela. IBK doit aller au-delà de la dénonciation de ce qui s’est passé pour agir. Sinon, c’est un secret de polichinelle que ce drame de Dioura, qui a choqué plus d’un, fait depuis, l’objet de plusieurs questionnements. Il a suscité la colère dans certains camps militaires, notamment à Kati et à Nioro du Sahel. Au Camp militaire Cheick Oumar Tall de Nioro, les femmes et enfants en colère ont brûlé des pneus pour empêcher le Chef d’état-major de l’Armée de Terre et sa délégation de rentrer dans le camp.
Source: Info-Matin
Article publié ,le 22/03/2019 16h10min26s par GAO INFOS




13è Congrès de l’UNTM : Un nouveau bureau sera élu aujourd’hui



La cérémonie d’ouverture était présidée par le Premier ministre qui en a profité pour exprimer son attachement à la liberté syndicale et à la cause des travailleurs d’une manière générale

C’est dans une salle de banquets du CICB archicomble que le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a fait son entrée, hier vers 11 heures, pour présider la cérémonie d’ouverture du 13è congrès de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Il était accompagné du secrétaire général de la centrale syndicale, Yacouba Katilé et de la ministre en charge du Travail et de la Fonction publique, Mme Diarra Racky Talla. Y étaient également, les délégués des syndicats nationaux et unions régionales, les représentants d’autres centrales syndicales, notamment le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Hamadoun Amion Guindo, les responsables syndicaux d’Algérie, du Sénégal, de la Tunisie, ainsi que des délégués des organisations panafricaines et de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le doyen d’âge, Mamadou Lamine Diarra, a été déclaré unanimement président d’honneur du congrès. Cet ancien du Syndicat national de l’éducation a plus de 70 ans de pratique syndicale. A cet effet, il a reçu un diplôme de reconnaissance de la centrale syndicale des mains du chef de l’exécutif.

A l’entame de ses propos, Yacouba Katilé a fait observer une minute de silence à la mémoire des camarades décédés ces dernières années. «La lutte solidaire pour un monde de travail meilleur, de progrès, de justice sociale à l’intérieur des frontières des Etats, si différents par la langue, la culture, le niveau technologique et scientifique de développement, est, de façon incontestable, une valeur chargée d’humanisme, de fraternité véritable et d’amitié sincère», a expliqué le patron de l’UNTM.

Par ailleurs, il a souligné que plus de 200 délégués et militants ont quitté leurs familles, souvent, en bravant l’insécurité, pour porter lors de ces assises, les voix et aspirations de leurs camarades des villages et des villes.

«Ce congrès s’ouvre à un moment où, au de-là des questions de travail, d’emploi, de sécurité, de pouvoir d’achat, le pays fait face à des adversités diverses», a précisé le syndicaliste. Et Katilé d’ajouter que ces assises devraient donc ratisser large, orienter mieux encore l’action syndicale qui est triste, bancale, nombriliste, si elle n’intègre pas les préoccupations des masses. Elle est d’une cécité sociale, politique, économique, si elle n’élargit pas les perspectives du développement national équilibré, où la redistribution du fruit de la croissance sera équitable entre individus, régions, villes et campagnes, a-t-il ajouté.

Dramane Haïdara, directeur du Bureau international du travail basé à Abidjan, a remercié l’UNTM pour son invitation à ce congrès. Il a exhorté les congressistes à une plus grande constance dan leurs revendications, avant de rappeler que l’OIT fête, cette année, son Centenaire.

En cette période de crise sociale, exacerbée par les nombreuses grèves, le Premier ministre ne pouvait rater l’opportunité de ces assises pour exprimer son attachement à la liberté syndicale et à la cause des travailleurs d’une manière générale. Soumeylou Boubèye Maïga a rappelé son émotion et sa fierté de participer à ce congrès. Car, en parlant de l’UNTM, il se sent chez lui. Il en était l’un de ses militants pendant de longues années. Il en était même le porte-parole lors de houleuses négociations avec le gouvernement en 1987, au nom du Syndicat national de la presse, de l’information et de l’industrie du livre (SNIPIL). «C’était avec courage, conviction et respect parce qu’à l’époque, il fallait avoir du cran pour oser prendre certaines positions, contrairement à nos jours, où il est facile de dire tout sous le couvert de l’anonymat des réseaux sociaux», a dit M. Maïga.

En outre, le chef du gouvernement a fait des rappels historiques intéressants, notamment sur les actions des acteurs du mouvement démocratique qui ont abouti à la chute de Moussa Traoré en mars 1991. Il a salué le combat courageux mené par l’UNTM avec des camarades comme Bakary Karambé, Boïssé Traoré, Ousmane Niaré, Mamadou Souraké Bathily, Issé Doucouré, entre autres. Pour lui, l’UNTM a pris une part prépondérante à la lutte pour les libertés, l’émancipation de nos populations. Il a aussi rendu hommage au président d’honneur de ces assises.

Pour le Premier ministre, la centrale syndicale doit faire preuve de vigilance démocratique, car les forces obscures qu’ils ont combattues en 1991 n’ont toujours pas relâché. «Nous faisons face actuellement à beaucoup de revendications, cela est normal. Mais, nul ne doit se prévaloir de sa position dominante pour mettre le pays en difficulté», a-t-il souligné. Soumeylou Boubèye dira qu’il reste fidèle à sa ligne de conduite, c’est-à-dire ne jamais prendre d’engagement que l’Etat ne peut tenir. « De 2013 à jours, le gouvernement a beaucoup fait pour les travailleurs. Malgré tout, nous sommes confrontés à la grève dans le milieu scolaire.

Sur 10 points de revendication, 7 ont été satisfaits, deux sont à caractère règlementaire ou législatif, pour un coût total de 3 milliards de Fcfa. Quant au dernier point portant sur les primes de logement, il est évalué à plus de 55 milliards. Ce qui n’est pas actuellement dans les cordes de l’Etat », a détaillé le chef du gouvernement. Il a aussi souligné que son rôle en tant que Premier ministre est de prendre des décisions qui ne déstabilisent pas l’ensemble du système.

«Face à la multitude des revendications, le gouvernement a décidé d’organiser une conférence sociale afin d’harmoniser, de mettre à plat tous les problèmes et d’arriver à une certaine équité dans les traitements des fonctionnaires et autres salariés. Cette conférence était programmée pour janvier dernier. Mais des contingences, les nombreux débats nationaux comme les rencontres sur la révision constitutionnelle, ont imposé un report, mais elle aura bien lieu. Car, elle est motivée par le fait, par exemple, que nous avons huit corps qui disposent de statuts particuliers, au sein de la Fonction publique», a relevé le Premier ministre.

Selon Soumeylou Boubèye Maïga, beaucoup ont profité d’une certaine faiblesse de l’Etat à un moment. Il a rappelé que dans le cas des magistrats, il y a un sérieux problème. «Dans leur traitement, Il y a seulement 237.000 Fcfa sur lesquels sont indexées leurs pensions, et près de 700.000 Fcfa de prime », a-t-il révélé.

Pour revenir au congrès, l’ancien syndicaliste a souhaité que le bureau qui en sortira puisse travailler à l’unité des syndicats. «Hormis les plus jeunes, tous les syndicalistes sont issus de l’UNTM. C’est dans l’unité que le combat pour la cause des travailleurs peut aboutir», a indiqué le Premier ministre. La rencontre qui s’achève aujourd’hui, élira un nouveau bureau.

Youssouf DOUMBIA

ESSOR
Article publié ,le 22/03/2019 12h44min52s par GAO INFOS




Soumeylou Boubèye Maiga, lors du 13èmecongrès ordinaire de l’UNTM


« On ne peut pas se servir des aspirations légitimes des travailleurs pour atteindre d’autres objectifs»

Le 13ème congrès ordinaire du bureau exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) s’est ouvert hier, jeudi 21 mars 2019. La cérémonie d’ouverture de ce congrès de deux jours du 22 au 23 mars était présidée par le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga, chef du gouvernement. C’était en présence de membres du gouvernement, du maire de la commune III, du secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, du directeur pays du bureau de l’OIT, Dramane Haidara ainsi que des représentants des centrales syndicales d’Algérie, du Sénégal et de la Tunisie.

La confiance a été placée au doyen Mamadou Lamine Diarra, d’être le président d’honneur de ce 13ème congrès de renouvellement des mandats. Un doyen de la lutte syndicale, qui a 73 ans de pratique syndicale. Ainsi, plus de 200 délégués, militants et militants participeront à ce congrès. Dans son intervention, le secrétaire général de l’UNTM, Siaka Katilé, a fait savoir que ce 13ème congrès devrait ratisser large, orienter mieux encore l’action syndicale qui est triste, bancale, nombriliste si elle n’intègre pas les préoccupations des masses populaires. « Elle est d’une cécité sociale, politique, économique, si elle n’élargit pas les perspectives du développement national équilibré, où la redistribution, du fruit de la croissance sera équitable entre individus, entre régions, entre villes et campagnes », a-t-il précisé. Pour le Directeur Pays Afrique du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail, Dramane Haidara, ce congrès est le moment de faire le bilan des politiques, des stratégies qui sont menées et d’élaborer les orientations futures en fonction des défis auxquels font face les travailleurs. Dans son intervention, le Premier ministre, est revenu sur son parcours de militant en tant que syndicaliste. Au dire du chef du gouvernement, Soumeylou Boubèye Maiga, ce qui résume l’engagement syndical, militant, c’est de défendre ces convictions sans concessions mais avec courage et dans le respect. Ainsi, il a invité le bureau qui sera mis en place à l’issue de ce congrès, à travailler à l’unité syndicale. A l’en croire, c’est la meilleure garantie pour mieux défendre les travailleurs et pour éviter aussi que la lutte syndicale ne se retrouve pas travestie, galvauder par des gens qui ont d’autres intentions. « On ne peut pas se servir des aspirations légitimes des travailleurs pour atteindre d’autres objectifs», a-t-il conclu.

Ousmane Baba Dramé

Source: Lerepublicainmali

Article publié ,le 22/03/2019 12h24min13s par GAO INFOS




MOUSTAPHA DICKO À PROPOS D'IBK



«Moi, je me rappelle d’un certain Ibrahim Boubacar Keita qui était allé à Gao au moment où c’était extrêmement chaud. Le Gandakoye venait de naitre et tout Gao était pro-Gandakoye. Il a dit NON ! C’est l’Etat qui va assurer la sécurité.

Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, M. Moustapha Dicko revient, entre autres, sur la situation politique et sécuritaire du pays, avec des conflits presqu’intercommunautaires dans le centre. Il donne ses impressions et avis sur le rapprochement IBK-Soumaila Cissé, de la situation au sein de son parti, l’Adéma, qui s’achemine, dit-on vers un congrès extraordinaire. Lisez !

InfoSept : Bonjour Monsieur, quelle analyse faites-vous de la situation politique actuelle du pays ?

Moustapha Dicko :

Je pense comme tout le monde que la situation politique comme sociale et sécuritaire est très difficile pour notre pays. Nous sommes sortis des élections présidentielles où le Président sortant a été proclamé élu. Son challenger ne reconnaissait pas cette victoire. Mais, depuis un certain temps, il y a des signes de décrispation. Les deux protagonistes se sont appelés et se sont rencontrés. Il semble qu’il y a des concertations qui se passent. La société civile, de son côté bouge. Elle entre un peu dans le jeu politique parce qu’on se souvient du meeting du 10 février dernier qui demandait le départ du Premier ministre.

Donc, c’est une situation politique très compliquée où, aussi, nous assistons une prorogation du mandat des députés par la Cour constitutionnelle. Ce qui, en soi, est un précèdent fâcheux et très dangereux pour notre démocratie. Egalement, les partis politiques sont en mouvement, même si on ne les entend pas sur les grandes politiques majeures de l’heure. Mais, ils bougent dans tous les sens. Donc, il y a une situation compliquée. Alors, peut-être une volonté de rechercher des solutions.

InfoSept : Parlant de la décrispation de la situation politique, quelles sont vos impressions sur le rapprochement IBK-Soumaila Cissé ?

Moustapha Dicko :

Je trouve que c’est toujours bien que les Maliens se parlent entre eux. Car, personne ne viendra sauver ce pays à la place des Maliens. Il est extrêmement important que les Maliens se parlent sincèrement comme des fils du pays et comme également responsables du destin de notre démocratie et responsables de notre place dans le concert des Nations.

Alors, il est important que les Maliens se parlent ouvertement et franchement. Et, cela au bénéfice des fils du pays mais pas celui de leurs égos qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd’hui. C’est-à-dire, on ne peut pas être plus bas. Donc, je regarde cela d’un bon œil et je les encourage. Tout simplement parce que si les Maliens se mettent ensemble, ils pourront parler de leur problème et seront un interlocuteur fiable pour la communauté internationale. Donc, ils pourront résoudre les problèmes politiques, socioéconomiques ; bref tous les problèmes qui taraudent notre pays aujourd’hui, surtout la situation sécuritaire.

InfoSept : Sur ce plan sécuritaire, depuis, le Centre du pays s’embrase avec des conflits entre différentes ethnies. Quels commentaires faites-vous de cette situation ?

Moustapha Dicko :

Vous savez, pour moi, il y a que l’Etat a abandonné les populations et que des bandits ont pris la place. Ces derniers imposent leur loi. Nos communautés ont toujours vécu ensemble. Elles ne se sont jamais opposées les unes aux autres de façon à ce que cela soit des conflits ethniques. Et, je pense qu’aujourd’hui, ce n’est toujours pas des conflits ethniques. Ce sont des situations où l’Etat n’étant pas présent, des individus font leur loi. Et, pour masquer leur forfaiture, ils drapent, ce qu’ils font, du manteau de communautés ou d’ethnies qui ne sont pour rien.

Tout le monde sait que les éleveurs et les cultivateurs, sont des gens qui vivent ensemble mais qui sont en perpétuelle contradiction. Et tant qu’il n’y a pas d’arbitre, il y a conflit. Il faut comprendre que l’arbitre, c’est l’Etat et vous allez trouver toute l’administration dans un chef-lieu de cercle. Les administrateurs ne peuvent s’adresser à leurs administrés que de temps en temps.

C’est eux qui fuient devant les populations face aux dangers. Bref, le problème, il est profond et il est le résultat de la crise politique, sociale, de la crise de l’Etat que nous vivons depuis belle lurette. Mais, il faut que les citoyens du pays s’arrêtent et se regardent en comprenant que personne ne viendra résoudre les problèmes à leur place. Encore une fois, il n’y a pas d’ethnies qui s’affrontent, il y a des hommes et des femmes abandonnés à leur sort par un Etat qui n’est pas présent, sans stratégies pour les sécuriser. Et, tout naturellement, ces populations sont laissées pour compte.

InfoSept : On parle de plus en plus d’un Congrès extraordinaire au sein de l’Adema pour éjecter le Président Tiémoko Sangaré de son fauteuil. Quel est votre avis sur le sujet ?

Moustapha Dicko :

Pour tout vous dire, je n’ai pas entendu, parler d’un Congrès extraordinaire. Mais j’ai entendu comme tout le monde quelques individus parler de temps en temps de congrès extraordinaire mais vraiment de façon désordonnée. Je ne pense pas qu’on parle d’un congrès extraordinaire. Mais, mon sentiment par rapport à la question, il vaut pour les partis politiques et les Institutions de l’Etat. Car, quand vous vous engagez, c’est pour cinq ans et un mandat précis. Au cas contraire, il faut savoir que vous fragilisez les institutions et les partis politiques.

Congrès extraordinaire, parlons-en ! En 2000, il y a eu un congrès extraordinaire et ce sont les mêmes gens que l’on retrouve aujourd’hui. Ils sont face à face et ils se prennent la main pour se protéger les uns les autres. C’est eux qui avaient fait le congrès extraordinaire qui avait éjecté IBK de la tête de l’Adéma avant la fin de son mandat. Le résultat, on le connait. Et depuis, notre pays n’arrive pas à se redresser.

Au dernier congrès, j’étais candidat contre Tiémoko Sangaré et j’ai dit, devant la Commission d’investiture, toutes les faiblesses sur la possibilité d’élire Tiémoko Sangaré comme président du parti. Mais, c’est en connaissance de cause que les hommes et les femmes de cette Commission se sont engagés derrière lui. Vous saviez ce qui se passait et vous aviez décidé de vous engager. Aujourd’hui, s’il y a un congrès extraordinaire, il donnera les mêmes résultats, c’est-à-dire que des individus vont être manipulés, instrumentalisés leurs camarades, l’argent va circuler, le pouvoir aura son mot à dire et on aura quelque chose de bancale. Toute chose qu’on pourrait décrier aujourd’hui, mais cela n’arrangera pas la situation ; surtout que le mandat est presque terminé. En fait, le Comité exécutif actuel est là pour cinq ans. Je pense qu’il faut être responsable, cohérent et surtout, il faut se dire qu’on est des adultes. Mais, de grâce, qu’on épargne à ce parti et au pays, une situation où notre pratique jure avec nos textes.

InfoSept : Mais, s’il y a congrès extraordinaire, est-ce que vous serez candidat au poste de président du parti ?

Moustapha Dicko :

Mais, moi je ne vois pas de congrès extraordinaire, donc, je ne peux pas savoir si je serais candidat ou pas. En fait, pour moi, le congrès extraordinaire, ce n’est pas la solution, ce n’est pas la panacée ou les hommes qu’il faut changer. Je l’ai dit et je répète, il faut retourner aux valeurs et aux principes. Ce n’est pas important de savoir qui est à la tête ou président du parti, mais ce qui reste essentiel est de savoir si l’Adéma est en accord avec son projet de société ou travaille selon la volonté des militants.

Aujourd’hui, je travaille avec ceux qui sont en place et j’ai dit à Tiémoko, lors du dernier congrès et à la Commission, que je n’avais pas de problèmes avec sa personne. Ce n’est pas la place que je cherchais mais la mission qui est pour tout le monde ensemble, c’est-à-dire que, si la direction est unie et cohérente, la cohésion règne et on peut avoir d’excellents résultats. Mais quel que soit celui qui va l’être, on n’aura pas de bons résultats si nous sommes désunis, et avec des agendas personnels. Cela vaut pour 1999, 2000, 2015, 2019 et pour 2020.

InfoSept : Après votre départ de votre poste à la Présidence de la République, qu’est-ce que Moustapha Dicko mène comme activité aujourd’hui ?

Moustapha Dicko :

Aujourd’hui, je suis à l’USFRA, donc à l’Université. Je continue mes activités politiques et la réflexion. Et, je m’essaye un peu à l’écriture. Voilà, dans quoi, je suis actuellement. Naturellement, je pense à notre pays et à sa situation dramatique. Et, je pense à la responsabilité des citoyens maliens qui ont conduit le pays à cette situation. Notre responsabilité est grande et je répète, personne ne viendra résoudre nos problèmes et il faut qu’on se réveille.

Aussi, il faut qu’on prenne le problème à bras le corps car, l’Etat ne peut pas continuer à fuir ses responsabilités et laisser la sécurité des citoyens être gérée par des milices. On ne reconnait pas les hommes. Moi, je me rappelle d’un certain Ibrahim Boubacar Keita qui était allé à Gao au moment où c’était extrêmement chaud. Le Gandakoye venait de naitre et tout Gao était pro-Gandakoye, il a dit NON ! C’est l’Etat qui va assurer la sécurité. Où est cet homme aujourd’hui ?

InfoSept : Votre mot de la fin ?

Moustapha Dicko :

C’est un appel à tous nos concitoyens au sens de la responsabilité, de l’unité et de la cohésion autour de notre pays. Il faut que l’on sache qu’aucun kilomètre carré de notre pays n’appartient en propre à quelqu’un ou à une communauté. Le pays appartient à tous les citoyens. Aucune ethnie n’est propriétaire d’aucune partie de notre pays. Il appartient à l’ensemble de ses fils et filles. Chacun d’entre nous peut s’installer où il veut et comme il veut. Et, l’Etat est d’égal partage envers tous les enfants de ce pays. Il faut qu’on revienne à ces valeurs. Si chacun a consenti des efforts pour entretenir un Etat, c’est pour que cet Etat en retour garantisse l’intégrité territoriale du pays et la sécurité de tout un chacun. Il ne peut pas en être autrement. On ne peut pas penser qu’il y a un centre, un nord, un sud ou un ouest dans ce pays. Il y a notre pays. Quelle que soit la partie qui est touchée, c’est tous les Maliens ensemble qui sont touchés. Ce qui pense autrement doivent se remettre en cause, parce qu’ils sont propriétaires de l’ensemble du pays. S’ils pensent qu’une partie du territoire est touché et que cela ne les regardent pas, ils ne sont pas à leur place.

Il faut qu’on revienne aux valeurs qui ont fondé ce pays qui sont de la communauté des humains et qui fondent les Etats modernes. Il faut qu’on soit ensemble pour parler d’une seule voix à la communauté internationale qui est là avec de gros moyens. On pense que cette communauté est là pour nous protéger mais, il y a beaucoup de choses qui passent sous leurs yeux et rien ne se fait. Pourquoi ? Peut-être parce que nous sommes incapables de faire des propositions, de parler d’une seule voix avec eux ou incapables de prendre notre destin en main ? Et, cela ne peut pas continuer. Il faut que l’on sache que nous sommes des Maliens en parlant d’une seule voix et d’accord sur l’essentiel, pour dire à la communauté internationale, voilà ce que nous voulons. En ce moment, elle sera obligée d’aller dans ce sens. Mais, aujourd’hui, il me semble que c’est la communauté internationale qui nous gère, comme si nous étions sous tutelle. On ne peut pas être fier de cela.

J’ai une pensée pieuse pour ceux qui sont tombés ou partis, simplement parce que l’Etat n’a pas pu les protéger. Je demande vivement à l’Etat pour que les gens qui sont déplacés à l’intérieur du pays, soit bien traités. On ne peut pas les laisser sur des tas d’immondices et puis venir les donner quelques kilos de riz ou de lait et dire à la Télé et à la Radio qu’on s’en occupe. Il faut que l’Etat mette tous les enfants du pays dans les meilleures conditions possibles, avec un sens aigu de la responsabilité et des priorités. Aujourd’hui, la priorité numéro 1 est le retour de la paix, de la cohésion sociale, de la sécurité et de la sérénité pour tout le monde.

Il appartient aux partis politiques qui sont les premiers responsables de cette situation et à ceux qui nous gouvernent de prendre leurs responsabilités pour ramener la cohésion et l’Etat. Cela partout sur notre territoire et qu’ils fassent en sorte que les fils et filles de ce pays se sentent frères. Ce qu’ils sont, du reste.
Propos recueillis

Par Dieudonné Tembely

Source: Inf@sept

Article publié ,le 22/03/2019 12h20min12s par GAO INFOS




BARKHANE



Instruction anti-explosifs au profit des soldats maliens

Le 16 mars, dans l’enceinte du camp malien de Gao, le groupement tactique désert (GTD) Richelieu a organisé une action de formation de lutte contre les engins explosifs improvisés (C-IED - Counter Improvised Explosive Device) au profit d’un détachement de la garde nationale malienne.

Réalisées à la demande du colonel malien Sanogo, ces séances de formation à la lutte contre les IED s’adressent prioritairement aux détachements en charge de l’escorte des convois.

Cette journée de formation, conduite par la section de génie combat du groupement, visait à perfectionner les connaissances des soldats maliens et à les exercer à réduire les risques d’incident liés aux explosifs.

La formation consistait en trois ateliers. Les militaires maliens ont d’abord bénéficié d’une présentation des différentes composantes des IED. Des procédures de reconnaissances ont ensuite été enseignées puis mises en œuvre. Celles-ci reposent sur une reconnaissance à pied de l’environnement sécuritaire autour des véhicules, organisée en cercles concentriques allant de l’environnement immédiat jusqu’à plusieurs centaines de mètres. La formation s’est conclue par une séquence de révision des techniques de détection, sondage et marquage des menaces.

Le lieutenant Axel, chef de section du 6e régiment de génie, en charge de cette instruction, dresse un bilan particulièrement positif de cette journée. « Les soldats maliens pourront restituer les procédures enseignées au cours de la journée et contribueront directement à une plus grande sécurité de leurs soldats ».

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.


Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense
Article publié ,le 21/03/2019 21h56min18s par GAO INFOS